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PERIS IEREMIADIS, Kostas Stavropoulos, ENORASSI, 2006

 


« ENORASSI »

Journal d’information politique, écologique, culturel et économique
distribué dans cinq villes historiques des montagnes d’Arcadie
Karytaina – Stemnitsa – Dimitsana – Langadia et Vytina

AOUT SEPTEMBRE 2006

Article traduit en français par Catherine DANIELIDES (septembre 2015)


PERIS IEREMIADIS

              Le peintre Péris Iérémiadis est arrivé à Stemnitsa (Août culturel 2006) avec ses saints Georges à cheval qui se meuvent avec légèreté dans l’espace et dans le temps figuratifs.

             Cet artiste modeste a été pour moi une surprise : il continue à évoluer à la manière sobre d’un poète, construisant la beauté avec un verbe figuratif dépouillé, poète dont la production en silence baigne dans le sacré de la vie quotidienne. Peintre dont la parole est rare mais l’art, cohérent, poète qui nous parle en formes figuratives et qui suscite l’émotion esthétique chez le visiteur venu se faire une opinion dans ses expositions personnelles.

             Péris fait de la poésie sans composer selon une méthode rationnelle, dans les règles de l’art, mais comme une sorte de versificateur ingénieux qui aurait adopté l’idée d’inverser les arts. Il communie avec l’ensemble du sentiment poétique tout en dépassant les limites de l’image en tant que telle, et parvient à la représentation sans intégrer aucun des mouvements artistiques modernes qui ont dominé durant un siècle (1850-1950).

             Depuis 1950, l’art moderne a cédé la place à l’art conceptuel que nous connaissons aujourd’hui. A l’écart de tous ces mouvements, Péris évolue avec son style, dans son univers personnel, en suivant à peu près le même chemin que Yannoulis Halépas, Stéris, Maléas, Michalis Oikonomou, Georges Bouzianis, Sklavos, Vasso Katraki, Kapralos et beaucoup d’autres artistes grecs charismatiques, qui tous ont éprouvé dans leur vie le besoin d’un dépassement. Exigence éternelle du vieux peuple grec, voyageur comblé aux sources vives et aux oracles poétiques de la mythologie et de l’histoire.

            Les artistes figuratifs cités ci-dessus, mais aussi Picasso, Giorgio de Chirico, Goya, Cézanne, Matisse et d’autres n’ont pas déterminé la peinture de Péris mais ont exercé une influence féconde sur cet artiste authentique, qui partage le riche héritage culturel de l’époque géométrique et la tradition séculaire de l’art figuratif, marques de notre nation et témoignages importants dans la création artistique mondiale. Qu’on songe simplement au foyer d’art cycladique d’il y a 7000 ans.

            Péris Iérémiadis n’adhère pas au slogan naïf de « la grécité dans l’art » et du retour aux sources, qui fut le mot d’ordre de Photis Kondoglou. Il s’attache à mettre en lumière l’imaginaire de la poésie populaire, expression tout ensemble de la culture post-byzantine et de la plus haute création figurative et populaire européenne.

             Il voyage, infatigable flâneur, dans l’aventure universelle de la quête douloureuse de la poésie, mélodie intérieure dans le temps historique et abstrait.

              Comme moyen de voyager, Péris a choisi ses saints Georges dont l’aspect figuratif et formel évoque les dessinateurs de figures du théâtre d’ombres. En fin de compte, ni le thème ni le dessin de Péris ne sont banals. Ses peintures, petits poèmes figuratifs, le font voyager, en échangeant des poignées de main avec le monde d’en haut et celui d’en bas ; ils finissent en éloge et intercession du rêve et de la réalité tangible, et peut-être d’une interprétation du rien ! Parce que l’art n’est pas un système rigoureux d’équations mathématiques. Elles auraient été des équations ouvertes si c’est Pythagore qui les avait faites en saisissant sur-le-champ la dimension poétique du devenir en puissance.         

             Péris a sauvé l’Août culturel de Stemnitsa en 2006. Parfois il arrive aussi que des miracles se produisent.

            Cependant, je suis presque sûr que Péris Iérémiadis, après cette exposition, va tranquillement se retirer de nouveau dans son silence poétique et actif. Voie légitime où il n’y a pas à craindre une affection purement verbale.

                                                                                                                      Kostas Stavropoulos

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                Τεχνοκιρτικός         

 

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